samedi 27 août 2016

NOX ORAE 2016 : ...Nox Orae...



…Nox Orae…

Les montagnes ressemblent à des sages éternels, à des bouddhas millénaires dont l’immuabilité méditative partage l’horizon en zones colorées… Une double idée du bleu prend forme ; le lac oscillant et le ciel infini… les gens déambulent, les sportifs s’activent, les enfants s’amusent avec une insouciance communicative. De nombreux parcs, des espaces verts, bancs publics et arrangement floraux… Ici tout semble avoir été méticuleusement agencé, organisé, orienté dans une optique de mise en valeur de ce cadre idyllique. Ici l’apparence du réel semble avoir été sur-magnifiée… ici le réel semble avoir été irréalisé… 

Alors que mes pensées coulent paisiblement, assis à l’ombre d’un séquoia en regardant le lac et le découpage de l’horizon par les montagne millénaires, les premiers coups de grosse caisse se font entendre dans le ciel infini. Je lève les yeux ; une partie du Brian Jonestown Massacre se balade au bord du lac, découpant l’horizon d’une toute autre façon que les montagnes. Soudain ; tout me revient, la distortion sonore terrifiante provoquée par le Thurston Moore Group, Debbie Googe martelant sa basse avec frénésie, l’osmose avec laquelle dialoguent les guitares de Thurston Moore et James Sedwards… un réveil des zones sub-mnésiques, post-neuronales… des chansons qui s’étendent, mutent, dérivent… des balises reconnaissables instantanément dans le magma sonore… 

Soudain ; tout me revient… Spectrum / un voyage intangible, d’une introspection totale à une forme de mantra post punk… Un truc qui monte jamais complètement, mais qui pousse à une forme de transe hypnotique dont l’apothéose est dans la répétition elle-même… Tout me revient, des gens tatoués partout, une jovialité ambiante, une ivresse nécessaire, furieuse, partagée et communicative. Un besoin de vivre autrement, d’occuper différemment cet espace si méticuleusement agencé. Les rires alcoolisés se répercutent le long du lac, ricochent sur l’eau et défient les étoiles. La fureur cachée, la sauvagerie dissimulée… le double opposé… un réel dé-réalisé… 

Une ville qui suinte le rock n roll par tous les pores de ses vieilles ruelles… une réponse obligée à ce monde comme à cette entreprise agro-alimentaire organisant depuis Vevey son programme d’empoisonnement globalisé… une entreprise qui contrôle les estomac d’une grande partie de la population mondiale… FORKS / BUVETTE / VERVEINE / ZAHNFLEISCH…comme un fuck off ironique ou une prise de distance bienvenue, certains des nombreux excellents groupes qui se forment ici ont choisi un nom à consonance alimentaire… car la nourriture qu’ils ingurgitent n’est pas celle qu’on leur impose…

En s’insérant dans ce cadre idéal, le Nox Orae symbolise la nécessité absolue de s’en éloigner, de l’expérimenter autrement… d’un retour à une simplicité retrouvée, à un partage humain, à une programmation exigeante, subtile et surprenante… Cette envie de prendre le temps d’écouter de la musique, de laisser les sucs gastriques de nos estomacs sensitifs digérer les concerts expérimentés, de rencontrer des gens…

…Le Nox Orae est une réalité bien plus réelle que la réalité sur-réalisé l’entourant… 


Dejan Gacond, Vevey, 27.08.2016

vendredi 26 août 2016

NOX ORAE 2016 - ...écouter ensemble, se dissoudre séparément...-




…écouter ensemble, se dissoudre séparément…
Nous devenions flottants, immenses, désarticulés, 
Nous étions étonnés, éprouvés, vacillants, 
ivres, exaltés, inachevés, 
vaporeux, désordonnés et chaotiques… 
nous étions immémoriaux. 
…Nous étions les capitaines Achab défoncés du XXIème siècle…
poursuivant une utopie désenchantée, un cétacé inaccessible, un pays enfouis dans l’origine océaniques du monde… 
Nous lisions Beckett, il nous parlait d’une version numérisée de Moby Dick accédant ainsi à l’immortalité 
… nous n’étions pas certains de comprendre…
La musique avait agi, on l'avait partagée, ressentie, elle s'était insinuée dans nos systèmes auditifs… 
Les pores de nos peaux s’étaient dilatés pour capter les résidus de bruit blanc, les larsens stridents, les boucles de guitare superposées, les lignes de basse dévastatrices, les traces flottantes des sons, les possibilités diverses de leur enchevêtrement… 
Du jaillissement sonore électrifié émanant de la scène à la transformation du son en électricité par le cerveau… 

Que se passe-t-il ? 
Comment le son traverse-t-il l’espace, 
Comment le son travers-t-il le corps ? 
À quelle vitesse exacte ? 
Comment devient-il un mot ? 
Et le mot….un son ?
Comment et pourquoi peut-on disserter à propos de la musique ? 
On entend avant de voir, on ferme les yeux pour mieux écouter… 
…la musique est l’origine chimique du monde… 

….écouter ensemble…
… se dissoudre séparément…

…les traces électrifiées des rêves, comme les traces ondulatoire des cendres…

…Nous étions inachevés, immémoriaux, tempétueux et exaltés…
…Nous devenions kaléidoscopiques…
…Nous étions les capitaines Achab défoncés du XXIème siècle…
Nous lisions Beckett, il nous parlait d’une version numérisée de Moby Dick accédant ainsi à l’immortalité 

… nous n’étions pas certains de comprendre…

…Nous expérimentions les ramifications inextinguibles d’une jeunesse sonique


Dejan Gacond, La Chaux-de-Fonds, 26.08.2016

jeudi 25 août 2016

NOX ORAE 2016 - ...Anton Newcombe... - (english version)




…Anton Newcombe… 

« Let’s go fucking mental »
The Brian Jonestown Massacre

It sounds like rock’s history has been crushed by contemporary History. History, like stories are needless beacons contributing to build the illusion of a linear time, an instantaneous establishment of souvenir’s hierarchy... What needs to remain important... what needs to be related, cried, glorified… what needs to last… Individual memory, collective memory have to select randomly some scatterbrained instants, have to clot them in a defined time. Souvenirs fill the past with comforting totems occupying the future’s void.

Anton Newcombe founded his band The Brian Jonestown Massacre on the blistering ashes of an absurd decade ; the 80’s… the world’s excessive bipolarity, consumerism’s madness mix with a new idea of rebellion, with different loopholes. People start to realize… neoliberalism is even bigger rubbish than the war on drugs, science and breakthrough are more dangerous blind faiths than monotheisms, hedonism is really the dictatorship Huxley tried to warn us about. What kind of selection will be proceeded by Anton Newcombe’s memory through this barely consumed past, through these previous decades ? The death of an idol and of some innocents, the interconnected oscillation between individual chaos and collective worldwide psycho-delirium… some forgotten sounds, others generated by a self-imposed modification of reality’s appearance.

Anton Newcombe is a post 80’s hippie… The Brian Jonestown Massacre  represents his materialized utopia.

Theater : because stage is the place where « I and the other » mutate in multiple becomings… 
Hashischins (Club of) : within the floating delirium of these superimposed sounds,  absinth’s and hashish’s thick fragrances seem to surround The Brian Jonestown Massacre’s music, revealing that way their secrets to the tortured, wasted and melancholic souls…
Eternal : because hashishin’s theater is an eternity of maybe…

Babylon (Panic in) : because a song title has never been so close to the music it evokes… because something buried so deeply into history has never been so close to the present…
Rock : because Anton Newcombe is one of the last Rock n Roll Animals…
Ionic : chemistry and the origin of the world… the chemical origin of the world
Anton : Newcombe
Newcombe : Anton

Joel (Gilion) : an argentinian writer wrote that « « Visions of Johanna » is in Bob Dyaln’s career his black hole… » Tambourin is Brian Jonestown Massacre’s black hole… where everything emanates from… where everything disappears… where everything builds, modifies, dismantles and evaporates itself…
Opiate : some forgotten sounds, others generated by a self-imposed modification of reality’s appearance.
Nonchalance : because ataraxia is the ideal of wisdom… a necessary slowness
Entropy : what we create… what is left… 
Super-sonic : the first song that swallowed me into this psychotropic twister…
Totem : reassuring beacons to fill the future’s void…
Oblivion : illusions sways on the past’s ocean…
West : a preposterous quest, a lost ideal, a neons filled desert…
Nothingness : like an instant of amnesia imitating nothingness…

Mantra : the guitar sound, the tambourin, the vocal resonance…The Brian Jonestown Massacre’s music is a vibrating mantra ripping reality off the body.
Ayahuasca : there is something Mexican in this music….
Silence : because it’s the opposite double of music, its compulsory fuel, it’s anti-material…. The empty space where all emanates from…
Soft (Machine) : a musico-psychadelic cut-up… a mystic, ethereal up-cut…
America : …« An Air-conditioned nightmare »….
Catharsis : because art is only another way to escape out of hell… 
Roll : because Anton Newcombe is one of the last Rock n Roll Animals…
Exhale : as if we were watching the thick warmness of some blue smoke… dancing in silence… drawing magical circles around people, things and into space…

Dejan Gacond, La Chaux-de-Fonds, le 25.08.2016


NOX ORAE 2016 - ...Anton Newcombe... - (version française)




…Anton Newcombe… 

« Let’s go fucking mental »
The Brian Jonestown Massacre

C’est un peu comme si l’histoire du rock avait été passé à travers la broyeuse de l’Histoire contemporaine. L’Histoire, comme les histoires sont des balises inusitées contribuant à construire l’illusion d’un temps linéaire, une hiérarchisation instantanée des souvenirs, de ce qui doit rester important, de ce qui doit être relaté, pleuré, glorifié … de ce qui doit perdurer… La mémoire individuelle comme la mémoire collective doit sélectionner aléatoirement des instants évaporés, doit les figer en temps défini. Les souvenirs remplissent le passé de totems rassurant pour combler le vide du futur.  

Anton Newcombe fonde son groupe The Brian Jonestown Massacre sur les cendres chaudes d’une décennie absurde; les 80’s… la bi-polarité extrême du monde, la folie consumériste se mélange à une nouvelle révolte, à des échappatoires nouveaux. On commence à se dire que le néolibéralisme est une connerie plus absurde encore que la guerre contre la drogue, que la science et le progrès sont des croyances plus aveuglantes encore que les monothéismes, que l’hédonisme est réellement la dictature au sujet de laquelle Huxley nous avait avertis. Qu’est-ce que la mémoire d’Anton Newcombe va sélectionner dans ce passé à peine consumé, et au travers des décennies qui ont précédées ? La mort d’une idole et celles d’innocents, l’oscillation interconnectée entre le chaos individuel et un psycho-délire collectif mondialisé… des sons oubliés, d’autres générés par une modification auto-imposée du réel perçu… 

Anton Newcombe est un post 80’s hippie… le Brian Jonestown Massacre est son utopie réalisée…

Théâtre : car la scène est le lieu ou le « je et l’autre » mutent en devenir multiples…
Hashischins (Club des) : dans les délires flottants de ces sons superposés, les effluves épaisses de l’absinthe et du hashish semblent enveloppé la musique du Brian Jonestown Massacre, révélant ainsi leurs secrets aux âmes mélancoliques, tourmentées et défoncées…
Eternel : car le théâtre hashischin est une éternité de peut-être…


Babylon (Panic in) : car le titre d’une chanson n’a jamais été si proche de la musique qu’il évoque… car quelque chose d’enfouis si profondément dans l’histoire n’a jamais été si proche du présent…
Rock : car Anton Newcombe est uns des derniers Rock n Roll Animals
Ionique : la chimie et l’origine du monde… l’origine chimique du monde
Anton : Newcombe
Newcombe : Anton


Joel (Gilion) : un écrivain argentin a écrit que " « Visions of Johanna » » est le trou noir de la carrière de Bob Dylan…" le tambourin est le trou noir du Brian Jonestown Massacre, c’est de là que tout émane… c’est là que tout disparaît… de là que tout se construit, se modifie, se disloque et s’évapore…
Opiacé : des sons oubliés, d’autres générés par une modification auto-imposée du réel perçu… 
Nonchalance : car l’ataraxie est l’idéal de la sagesse… une lenteur nécessaire.
Entropie : ce que l’on crée… ce qu’il en reste…
Super-sonic : la première chanson qui m’a aspiré dans ce tourbillon psychotropique’..
Totem : des balises rassurantes pour combler le vide du futur…
Onirisme : les songes balloté par l’océan du passé…
West : une quête absurde, un idéal perdu, un désert rempli de néons. 
Néant : comme dans un moment d’absence qui imite le néant…


Mantra : les lignes de guitares, le tambourin, le timbre vocal… la musique du Brian Jonestown Massacre est un mantra vibratoire arrachant le réel du corps…
Ayahuasca : il y a quelque chose de mexicain dans cette musique…
Silence : car il est le double opposé de la musique, son carburant nécessaire, son anti-matière… le point vide duquel tout émane…
Soft (Machine) : un cut-up musico-psychédélique… un up-cut mystico-éthéré… 
America : …« An Air-conditioned nightmare »*….
Catharsis : car l’art est juste une façon différente d’échapper à l’enfer…
Roll : car Anton Newcombe est uns des derniers Rock n Roll Animals…
Enfumé : comme si on regardait la chaleur épaisse d’une fumée bleutée… dansant en silence… dessinant des cercles magiques autour des gens, des choses et dans l’espace. 

* titre d'un livre de Henry Miller

Dejan Gacond, La Chaux-de-Fonds, le 25.08.2016

mercredi 24 août 2016

NOX ORAE 2016 - ...Thurston Moore... - (english version)



Thurston Moore

Because poetry, even in a disembodied form* is an attempt to become music again

Something about the sound.. A way of playing guitar, of incorporating influencesan energy, a furious need to knock paradigms overto experiment new possibilitiesto paint unexplored landscapesThis sound is brut, unknown, deep, potent but its overflowing with accumulated knowledges, with some fury to extirpate, with wisdom to sharea sound, a music, a man who seem to have overstepped duality, who seem to have integrated it in an acceptable wholenessmaterial and nothingness, noise and silence, rock and roll are not considered as  spaces septated by time but as pure instants vaporizing and re-materializing themselvesa boiling magma with numerous textures, an original blend of colors, exploding, imploding, fragmenting itselfoscillating from a brutal chaos to a complete sensitivityIts a sensitive chaosa chaotic sensitivityIts about Thurston Moores guitar sound

« For me writing lyrics and Sonic Youth was really coming out of a void. Confusion is Sex, writing lyrics like « Confusion is next », came out of Henry Miller. Sister came out of reading Philip K. Dick. Richard Hells lyrics were really important. Talking Heads lyrics, really important. Patti Smith, really important. These were pretty key poets within that context, working within a form that I was in, so I didnt really need to go and read Ron Padgett. »
Porject MUSE, Postmodern culture, an interview with Thurston Moore

   A particular tone… loops of guitar superimposing themselves, repeating themselves, driving the listener in indistincts lands. The concept of post-modernity is embodied, defined, constructed and dismantled from this sound, for this sound, with this sound, through this sound, still this sound and until this sound.** Since the end of the 70’s, Sonic Youth explored this possible melting between art and music, words and sounds, literature and noise, weaving an invisible web for example between Gerard Richter, William Burroughs, Richard Kern or Raymond Petitbon. Painting or photography discover new spaces. Sound becomes a landscape still to be painted a negative not developed yet. Duality vanishes… seems to float in an acceptable wholeness… antagonisms drift together in a cosmic pool… hierarchies don’t existe anymore… from a punk fanzine to a classic philosophy piece, from black metal to free jazz, from underground poets to mythic writers, from a demonic performance to an ethereal reading… we can be inspired by everything ; the madness of this world, the mutations of the bodies, the minds dereliction, history of the arts, pulp magazines, crescent individualism, community desires, chaos, sensitivity, sensitivity of chaos, philosophy, rock n roll…

    From teaching disembodied poetry in a buddhist university to a scary wall of sound generated by his band in a museum, from a spoken word to the publication of a book about Mayhem, from a collaboration with a french poet to an extreme noise performance, from a deep consciousness of History to a constant eruption of unconsciousness, Thurston Moore seems to have overstepped duality, seems to have integrated it in an acceptable wholeness…

*  allusion to the « Jack Kerouac School of disembodied poetics » founded by Allen Ginsberg and Anne Waldmann and taking place at Naropa University. Thurston Moore teaches there every summer. 

** allusion to a sentence from Antonin Artaud ; "From the body, for the body,, though the body, still the body and until the body" (approximate sentence and translation)


Dejan Gacond, La Chaux-de-Fonds, 23.08.2016



NOX ORAE 2016 - ...Thurston Moore... - (version française)



Thurston Moore


…car la poésie, même sous une forme désincarnée* est une tentative de revenir musique…

Quelque chose à propos du sonUne façon de jouer de la guitare, dincorporer ses influencescest une énergie, un besoin furieux de renverser les paradigmesde tester des possibilités nouvellesde peindre des paysages inexplorés. Un son qui est brut, inconnu, profond, puissant mais regorgeant de savoir accumulé, de fureur à extirper, de sagesse à partagerun son, une musique, un homme qui semblent avoir dépassé la dualité, qui semblent lavoir intégré dans une totalité acceptablela matière et le néant, le bruit et le silence, le rock et le roll ne senvisagent pas comme des espaces cloisonnés par le temps mais comme des instants en vaporisation et re-matérialisation permanenteun magma bouillonnant, aux textures multiples, un mélange coloré inédit, explosant, implosant, se fragmentantoscillant du chaos le plus brutal à une sensibilité totale. Cest un chaos sensibleCest une sensibilité chaotiqueCest à propos du son de guitare de Thurston Moore

« For me writing lyrics and Sonic Youth was really coming out of a void. Confusion is Sex, writing lyrics like « Confusion is next », came out of Henry Miller. Sister came out of reading Philip K. Dick. Richard Hells lyrics were really important. Talking Heads lyrics, really important. Patti Smith, really important. These were pretty key poets within that context, working within a form that I was in, so I didnt really need to go and read Ron Padgett. »

Porject MUSE, Postmodern culture, an interview with Thurston Moore

Une sonorité particulière, des boucles de guitare superposées et répétitives qui amènent l’auditeur dans des contrées indistinctes. le concept de post-modernité s’incarne, se définit, se construit et se disloque depuis ce son, par ce son, à travers ce son, encore ce son et jusqu’au son**. Depuis la fin des 70’s, Sonic Youth a exploré cette fusion possible entre l’art et et la musique, les mots et le son, la littérature et le bruit, tissant par exemple une toile invisible entre Gerard Richter, William Burroughs, Richard Kern ou Raymond Petitbon. La peinture ou la photographie découvrent des espaces nouveaux. Le son devient un paysage encore à peindre, un négatif pas encore développé. La dualité s’évapore… elle semble flotter dans une totalité acceptable… les antagonismes dérivent ensemble dans une piscine cosmique… les hiérarchies n’existent plus… d’un fanzine de punk à une oeuvre de philosophie classique, du black métal au free jazz, des poètes underground aux écrivains mythiques, d’une performance sulfureuse à une lecture éthérée… on peut s’inspirer de tout. On peut tout intégrer  la folie du monde, la modification des corps, la déréliction des esprits, l’histoire de l’art, les magazines bon marché, l’individualisme croissant, le besoin communautaire, le chaos, la sensibilité, la sensibilité du chaos, la philosophie ou le rock n roll.

D’un enseignement de poésie désincarnée dans une université bouddhiste à un mur du son inquiétant généré avec son groupe dans un musée, d’une lecture à la publication d’un livre sur Mayhem, d’une collaboration avec un poète français à une performance de noise extrême, d’une conscience profonde de l’histoire à une libération constante des instincts, Thurston Moore semble avoir dépassé la dualité… l’avoir intégré dans une totalité acceptable…

* allusion au Jack Kerouac disembodied Poetics, un cours crée par Allen Ginsberg et Anne Waldmann à Naropa Institute. Thurston Moore enseigne là-bas chaque été.

**Allusion à une phrase d'Antonin Artaud ; " Depuis le corps, par le corps, à travers le corps,  encore le corps et jusqu'au corps" 

Dejan Gacond, La Chaux-de-Fonds, 23.08.2016








dimanche 21 août 2016

Kaleidoscope @ CASE À CHOCS, Neuchâtel


(affiche by Kit Brown, 2016)

CASE À CHOCS - 25th birthday !

A kaleidoscope of nothingness
LYDIA LUNCH and WEASEL WALTER
JEAN-LOUIS COSTES
USE !
THE KON's feat. CAMILLE MERMET, SYLVIA PELLEGRINO, PIERRE-YVES DIACON and CLINICAL PATH